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La lettre du Chemin des Dames

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Chronologie

 

1914, l’hécatombe, la bataille de la Marne, premier combat aérien.


Le 28 juin 1914 l’assassinat à Sarajevo de l’archiduc François Ferdinand, héritier du trône des Habsbourg sera le prétexte de l’entrée en guerre de l’Autriche le 28 juillet, le 31 le Reich allemand proclame "l’état de guerre" puis la mobilisation générale et déclare la guerre à la Russie. En France, la mobilisation est fixée au dimanche 2 août. Le 3 août, l’Allemagne déclare la guerre à la France.

Le 4 août l’Allemagne envahit le Luxembourg et la Belgique , provoquant l’entrée en guerre de la Grande-Bretagne.

Les Français pénètrent en Alsace Lorraine mais bientôt la 2eme armée est battue et entraîne dans sa retraite la 1ere armée, on se bat en Champagne, les Allemands sont à 30kms de Paris. Le général Joffre forme une 6eme armée, le gouverneur de Paris utilise les taxis pour acheminer une partie de cette armée sur la Marne, les allies remportent une victoire et les Allemands se retranchent sur l’Aisne , la Somme , la Champagne.

 

Le premier combat aérien de l'histoire se déroule le 5 octobre 1914, Frantz et Quénault ont eu l'idée d' installer une mitrailleuse sur leur  "Voisin" et  abattent un avion allemand.




1915, guerre de positions, offensive d’Artois
et de Champagne, utilisation des gaz et des lance-flammes, guerre sous-marine.


Joffre déclenche le 9 mai 1915 une offensive en Artois, puis le 25 septembre en Champagne , sans résultats mais coût humain énorme !

 

Les gaz sont employés pour la première fois par les Allemands au printemps 1915, le 22 avril les soldats des 87e et 45e divisions françaises subissent cette arme nouvelle et inconnue qui enfreint la convention de La Haye de 1899. Les lance-flammes sont employés par les Allemands à partir du 30 juillet 1915.

 

la guerre sous-marine connaît un premier sommet en début d'année par le torpillage dans la Manche du cuirassé anglais "Formidable".


1916, guerre d’usure, Verdun, la Somme, utilisation des chars de combat.


Le 21 février 1916, les Allemands lancent une grande offensive sur un secteur calme du front, Verdun, le courage des poilus sauvera la place, ce sera un des sommets de la guerre d’usure, un million d’obus seront tirés par les Allemands le premier jour de l’offensive, mais ils se heurteront à un mur défensif, le massacre sera épouvantable ! Les forts de Douaumont et de Vaux seront perdus puis repris. Verdun demeurera le symbole de cette guerre dans la mémoire des hommes.

Le 1er juillet 1916 les alliés lancent une gigantesque offensive sur la Somme, 14 divisions françaises et 26 britanniques sont engagées, malgré une préparation d’artillerie écrasante , les mitrailleuses allemandes bloquent l’attaque, au soir plus de 60 000 assaillants seront morts, blessés ou portés disparus. L’offensive se poursuivra jusqu’en novembre et coûtera plus de 900 000 hommes des deux cotés.

 

Le Mark I, char de combat, de conception britannique et conçu par le colonel Swinton, est utilisé pour la première fois dans la somme le 15 septembre 1916.


1917, le chemin des dames, les mutineries, entrée en guerre des Américains.


L’offensive du chemin des dames a eu lieu le 07 avril 1917
, ce sera un cinglant échec car la préparation d’artillerie sera totalement insuffisante, l’offensive est quand même relancée le 05 mai, en 1 mois 140 000 hommes auront été anéantis.

Les Etats-Unis entrent en guerre le 06 avril 1917, mais ne pourront vraiment jouer un rôle important qu’un an après.

Tous ces espoirs déçus entraînent une baisse de moral sans précédent, des mutineries éclatent, les tueries, les ordres inconséquents, font que dans certains régiments les soldats refusent d’obéir, les Britanniques sont également touchés, la nourriture est améliorée, les attaques inutiles cessent, mais des mesures répressives sont mises en oeuvre, et 55 condamnés seront fusillés. Georges Clemenceau arrive à la présidence du conseil et visite le front.


1918, dernières offensives allemandes, la contre
attaque des allies , deuxième bataille de la Marne.
Le 11 novembre.


Le front Russe s’étant effondré les Allemands font revenir de l’est d’importantes troupes ; 172 divisions allemandes plus 2 autrichiennes, face à 99 pour la France, 58 pour les Britanniques, 12 pour la Belgique, 3 pour les USA, et 2 pour le Portugal…

Le 21 mars l’offensive allemande est déclenchée , les Britanniques battent en retraite, mais les alliés parlent d’une seule voix et celle-ci est française, l’attaque allemande cesse le 5 avril, le 27 mai les Allemands reprennent le chemin des dames, les Français reculent, leur adversaire franchit la Marne, Paris est bombardé par la "Grosse Bertha" ; Les troupes allemandes sont à nouveau contenues ; le 15 juillet les Allemands ont prévu une dernière offensive, elle sera enrayée et suivie d’une contre-attaque dès le 18 juillet, les Français remportent la deuxième bataille de la Marne, les puissances centrales ont perdu la guerre…

Le 11 novembre à 11h l’armistice est signé à Rethondes dans le wagon du maréchal Foch.

 

La convention d’armistice du 11 novembre 1918

 

Notes de l'auteur (Michel Roucaud)

La convention d’armistice du 11 novembre 1918 est conservée au département Terre du Service historique de la Défense. Ce document de 13 pages est relié avec les textes des conventions du 13 décembre 1918, 19 janvier et 16 février 1919 prolongeant la durée de l’armistice. Sont joints le protocole du 4 avril 1919 et les cartes et rapports, annexes de ces conventions. La convention est signée par les six protagonistes, présents le 11 novembre au carrefour de Rethondes. Il est à noter que l’exemplaire allemand a été détruit. L’ensemble des archives du ministère et du haut commandement de la IIIe République est conservé dans la série N. La sous-série 6 N dite fonds Clemenceau est composée de 294 articles regroupant les archives du président du Conseil, ministre de la Guerre.

Texte intégral

 

1/ Après les armistices de Salonique du 29 septembre 1918 avec la Bulgarie, de Moudros le 30 octobre avec l’Empire ottoman, de Villa-Giusti le 3 novembre entre l’Autriche-Hongrie et l’Italie, le 11 novembre 1918, à 5 heures du matin, dans un wagon aménagé au carrefour de Rethondes en forêt de Compiègne est conclu un armistice « entre le Maréchal Foch, commandant en chef des armées alliées, stipulant au nom des puissances alliées et associées, assisté de l’amiral Wemyss, First Sea Lord, d’une part ;

et Monsieur le secrétaire d’État Erzberger, président de la délégation allemande ;

Monsieur l’envoyé extraordinaire et ministre plénipotentiaire comte von Oberndorff ;

Monsieur le général major von Winterfeldt ;

Monsieur le capitaine de vaisseau Vanselow, munis de pouvoirs réguliers et agissant avec l’agrément du chancelier allemand, d’autre part »

2/ Ce document tapuscrit de 13 pages stipule les conditions d’armistice conclues entre Alliés et Allemands. Il se compose de 34 articles répartis dans six chapitres : les conditions d’armistice sur le front occidental ; les dispositions relatives aux frontières orientales de l’Allemagne ; les conditions dans l’Afrique orientale ; les clauses générales traitant du rapatriement de tous les internés ; des clauses financières ; des clauses navales ; et de la durée de l’armistice.

3/ L’article 1 exige la cessation des hostilités sur le front occidental, sur terre et dans les airs six heures après la signature de l’armistice et par l’article 2, l’évacuation dans les 15 jours des pays envahis, ainsi que celle de l’Alsace-Lorraine, sont stipulées. Déjà avec l’article 5, l’occupation par les Alliés des pays de la rive gauche du Rhin et l’établissement d’une zone neutre sont précisés. L’article 12 impose sur le front oriental le retrait des troupes allemandes derrière leurs frontières, telles qu’elles étaient au 1er août 1914. L’Afrique orientale doit être évacuée par les Allemands conformément à l’article 17.

4/ La cessation des combats s’accompagne de la mise en protection des civils, des prisonniers et des biens contre toute action vindicative des Allemands. Ainsi l’article 6 impose que dans tous les territoires évacués par l’ennemi sur le front occidental, « toute évacuation des habitants est interdite ». « Il ne sera apporté aucun dommage ou préjudice à la personne ou à la propriété des habitants ». L’article 6 tend à préserver les infrastructures : lignes téléphoniques, routes, voies navigables, voies ferrées… Et l’article 10 ordonne « le rapatriement immédiat sans réciprocité, de tous les prisonniers de guerre », complété par les articles 3 et 18, demandant le rapatriement de tous les internés civils.

5/ Les droits pour les soldats allemands sont fixés. L’article 11 mentionne que « les malades et les blessés inévacuables, laissés sur les territoires évacués par l’armée allemande, seront soignés par du personnel allemand, qui sera laissé sur place avec le matériel nécessaire ».

6/ L’article 19 traite des clauses financières et annonce la réparation des dommages.

7/ Les clauses navales sont traitées dans les articles 20 à 33. Le désarmement des bâtiments allemands y est, entre autres, mentionné ainsi que la livraison aux Alliés des sous-marins allemands.

1   Cette convention a donné lieu à trois prolongements successifs actés par les conventions des 13 déc(...)

8/ Enfin, le dernier article annonce la durée d’armistice et les conditions de reprise de la guerre. « La durée de l’armistice est fixée à trente-six jours, avec faculté de prolongation 1. Au cours de cette durée, l’armistice peut, si les clauses ne sont pas exécutées, être dénoncé par l’une des parties contractantes qui devra en donner le préavis quarante-huit heures à l’avance. Il est entendu que l’exécution des articles III et XVII ne donnera lieu à dénonciation de l’armistice pour insuffisance d’exécution dans les délais voulus, que dans le cas d’une exécution mal intentionnée. Pour assurer dans les meilleures conditions l’exécution de la présente convention, le principe d’une commission d’armistice internationale permanente est admis. Cette commission fonctionnera sous la haute autorité du commandement en chef militaire et naval des armées alliées. »

9/ Des acclamations fortes d’émotions retentissent au sein de l’Assemblée nationale lorsque Georges Clemenceau, président du Conseil et ministre de la Guerre, lit les dispositions de l’armistice. Dans la France tout entière, la joie est immense.

2    L’aveu de la défaite allemande, les origines de l’armistice, édition de documents officiels alleman(...)

10/ Mais cette journée est le fruit d’âpres et longues discussions. Beaucoup de Français auraient voulu porter la guerre sur le territoire allemand avant de suspendre les armes. La paix, définie dans les 14 points du président Wilson, et reconnaissant le droit des peuples à disposer d’eux-mêmes, serait-elle véritable « sans victoire ». Les nationalistes auraient aimé mener cette guerre en Allemagne. Toutefois, une divergence existait parmi les Alliés. Ainsi, lorsque les Allemands ouvrirent des discussions en vue d’un éventuel armistice, ils s’adressèrent plus volontiers au président Wilson, qui allait jouer le rôle d’intermédiaire entre les belligérants. Ces négociations commencèrent début octobre et furent l’objet de débats dans l’opinion entre partisans de la poursuite de la guerre et partisans de la paix immédiate. Cependant, les dispositions prises dans la convention d’armistice étaient si contraignantes pour les Allemands que toute reprise des combats était rendue impossible. Ainsi, la paix immédiate l’emporta sur une victoire totale, bien que quelques grandes personnalités, à l’instar de Raymond Poincaré, président de la République, se disaient inquiètes d’un arrêt prématuré des combats. En fait, seuls les Allemands auraient pu continuer la guerre en refusant la signature de l’armistice, mais la menace révolutionnaire en Allemagne était, pour les dirigeants, l’objet de toutes les préoccupations 2. De plus, la peur de voir la victoire devenir américaine était un facteur d’accélération dans le processus de signature de l’armistice. En effet, plus le conflit durerait, plus la part de responsabilités attribuée aux Américains grandirait. La présence de Wilson dans les négociations qui suivirent fut d’ailleurs la marque de cette responsabilité grandissante.

3    Becker (Jean-Jacques), « De la guerre à la paix », De la guerre à la paix, Paris, CEHD, Economica,(...)

11/ L’armistice n’est qu’une première étape vers la paix. Une conférence de la paix débute le 18 janvier 1919 et s’achève le 28 juin. Plus qu’un règlement entre vainqueurs et vaincus, cette conférence est le lieu de vifs débats entre vainqueurs : entre les tenants de la paix des nations et de la paix de conciliation prônées par Wilson d’une part, et les tenants de la paix de vengeance demandée par Clemenceau d’autre part. Les deux thèmes principaux de cette conférence sont les réparations et la sécurité. L’administration de la Sarre est confiée à la France pour un temps déterminé en dédommagement des destructions subies dans les départements du Nord et du Pas-de-Calais, mais un vif débat oppose les Alliés et les Français sur l’occupation de la rive gauche du Rhin, puis entre Clemenceau et Foch 3, qui veut couper la rive gauche de l’Allemagne et y constituer des États autonomes. Finalement, il est décidé qu’elle sera  occupée pendant quinze ans et que Coblence, Cologne et Mayence constitueront des têtes de ponts sur la rive droite.

12/ La question des réparations est aussi sujette à de vives discussions. L’économiste britannique Keynes, désireux que l’on prenne en compte les capacités de paiement de l’Allemagne, s’oppose violemment à André Tardieu, partisan d’un remboursement total des dommages subis. La position française l’emporte : un acompte de 25 milliards de franc-or à rembourser dans les deux ans par l’Allemagne est établi. Une commission des Réparations est constituée et fixe par la suite les montants des remboursements. Cette question des réparations perturbera la vie internationale pendant plus de dix ans et exacerbera le nationalisme allemand.

4    Duroselle (Jean-Baptiste), Clemenceau, Paris, Fayard, 1988.

13/ La conférence de la paix aboutit à la signature du traité de Versailles et à celles des traités de la « banlieue parisienne ». De cette conférence naît chez les Allemands un sentiment de revanche qui, entre autres, nourrira quelques années plus tard la montée du nazisme. Pour Jean-Baptiste Duroselle, Clemenceau « a gagné la guerre mais il a perdu la paix » 4.

5    À la fin de la guerre, la France pouvait se targuer d’avoir une des meilleures armées du monde aprè(...)

14/ Le retour à la paix est marqué par une période d’attente. Le temps des négociations, l’armée ne désarme pas. Fin avril 1919, 2 300 000 hommes sont toujours sous les drapeaux et le 1er juillet, encore 900 000 hommes 5. Cette démobilisation lente évite certainement les troubles sociaux inhérents à un retour difficile à une économie de paix, propice au développement du chômage.

6    Nivet (Philippe), « Les réfugiés français dans la Grande Guerre », Cahier du CEHD n° 24, « Sorties(...)

15/ La censure postale prend fin le 12 octobre 1919, preuve, s’il faut s’en convaincre, que, pour les dirigeants français, la guerre ne se termine pas avec l’armistice du 11 novembre. Enfin, la guerre est cause d’un déplacement majeur de population dans les départements touchés par les combats. À l’automne 1918, environ deux millions de Français étaient des réfugiés. Au recensement de 1921, les départements dévastés n’ont pas encore retrouvé leur population de 1911 6.

16/ Ainsi, comme dans toutes les guerres, la suspension des armes est une première étape pour sortir de la guerre. Mais elle ne permet pas un retour immédiat à la paix. Bien souvent, ce retour à la paix doit prendre en compte les bouleversements sociaux, nationaux et internationaux. Sortir de la guerre, n’est-ce pas construire un monde nouveau, voulu ou imposé ? Mais en 1918, le règlement de la « der des der » contenait en germe le spectre de la Seconde Guerre mondiale.

 

Notes

1   Cette convention a donné lieu à trois prolongements successifs actés par les conventions des 13 décembre 1918, 19 janvier et 16 février 1919. Voir note 1.

2   L’aveu de la défaite allemande, les origines de l’armistice, édition de documents officiels allemands, la renaissance du livre, Corbeil, 1919

3   Becker (Jean-Jacques), « De la guerre à la paix », De la guerre à la paix, Paris, CEHD, Economica, 2001, p.118.

4   Duroselle (Jean-Baptiste), Clemenceau, Paris, Fayard, 1988.

5   À la fin de la guerre, la France pouvait se targuer d’avoir une des meilleures armées du monde après 4 ans de combats. Nombre de ses cadres aguerris furent envoyés en mission dans les pays d’Europe de l’Est pour reconstruire l’outil militaire (Pologne, Roumanie…). Les archives de ces missions sont conservées dans la sous-série 7 N du département Terre du Service historique de la Défense. Voir aussi MauriceVaïsse, JeanDoise, Diplomatie et outil militaire, 1871-1991, Paris, Seuil, 1996.

6   Nivet (Philippe), « Les réfugiés français dans la Grande Guerre », Cahier du CEHD n° 24, « Sorties de guerre », CEHD, Paris, 2005, p. 55-68.

 

Pour citer cet article

Référence électronique :

Michel Roucaud, « La convention d’armistice du 11 novembre 1918 » Revue historique des armées, 245 | 2006, [En ligne], mis en ligne le 13 novembre 2008. URL : http://rha.revues.org//index5672.html. Consulté le 05 octobre 2010.

 

Le soldat inconnu

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